Les problèmes de santé mentale au cœur de nos défis

7e Rencontre annuelle du réseau des DSFTQ Montérégie - 19 avril 2012

Photos du 26 avril 2012

Rencontre annuelle des déléguées sociales et délégués sociaux FTQ de la Montérégie, le 26 avril 2012. (Photos: Daniel Mallette)

Pour leur septième rencontre annuelle, les déléguées sociales et délégués sociaux (DS) de la Montérégie ont abordé le thème Santé mentale et retour au travail : des défis.

Le 19 avril dernier à St-Jean-sur-Richelieu, une soixantaine de militantes et de militants ont échangé sur cette problématique à laquelle nous sommes de plus en plus confrontés dans nos milieux de travail.

Dans son mot de bienvenue, le président du Conseil régional FTQ Richelieu, Claude Langlois, a parlé de l’importance du réseau. Président de la section locale 6586 du Syndicat des Métallos chez Arcelor Mittal, il est lui-même délégué social et un bon témoin des services rendus et des bienfaits du travail accompli par ses confrères DS.

Détresse psychologique au travail
Selon Louise St-Arnaud, la conférencière invitée, les recherches concluent de plus en plus que le travail est la principale cause de l’absentéisme pour des raisons de santé mentale. En effet, ses propres recherches confirment que 60 % des personnes sondées ont subi un arrêt de travail pour des raisons de santé mentale dû à la vie personnelle et au travail; 30 % dû uniquement au travail et 10 % dû uniquement à des raisons personnelles.

Le constat général est préoccupant :

  • Les problèmes de santé psychologique représentent actuellement l’une des plus importantes causes d’absence au travail;
  • Ces problèmes de santé entraînent généralement de longues périodes d’absence et génèrent un risque élevé de rechute;
  • Les pratiques de gestion axées sur le retour au travail n’engagent pas nécessairement le maintien en emploi.

Professeure à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’intégration professionnelle et l’environnement psychosocial de travail, Louise St-Arnaud s’intéresse particulièrement à la réintégration des travailleurs et travailleuses en absence en raison d’un problème de santé mentale.

La maladie mentale est tabou : parce qu’on connaît mal cette réalité, parce qu’elle nous fait peur. Alors, il faut faire face à de nombreux préjugés lorsqu’on s’absente pour une longue période pour des problèmes de santé mentale. Et plus la période d’absence est longue, plus le retour sera difficile. C’est là que le soutien syndical peut faire la différence.

Avec des histoires de cas à l’appui, la chercheure a démontré comment l’empathie des collègues, le soutien du patron et un retour attendu et soutenu peuvent contribuer au succès de la réintégration au travail. Donc, agir sur l’environnement de travail devient une condition gagnante du retour et du maintien en emploi.

Défis
Dans un tel contexte, quels sont nos défis ? Les discussions en ateliers ont fait ressortir plusieurs enjeux soulevés lors de la conférence :

  • Rencontrer le travailleur ou la travailleuse bien avant son retour;
  • Analyser les conditions de travail susceptibles d’aider au retour au travail et favoriser le maintien en emploi;
  • Valider ces conditions avec la personne, mais aussi avec le milieu;
  • Assurer un suivi, vérifier la progression et assurer les ajustements nécessaires;
  • Solliciter le soutien du supérieur immédiat.

Comme le dit Louise St-Arnaud, les organisations doivent voir les choses autrement. « Le manque de reconnaissance au travail, un faible soutien de la part des supérieurs et des collègues, l’absence de pouvoir décisionnel pour décider « comment faire le travail » sont parmi les plus importants facteurs de risque à la santé mentale au travail, souligne-t-elle. À l’inverse, se sentir soutenu dans les situations difficiles, avoir de l’influence sur son travail, se sentir respecté et estimé, sont des facteurs de prévention des problèmes de santé mentale au travail. »

Audace
C’est pourquoi elle propose de placer le travailleur ou la travailleuse au centre d’un réexamen des pratiques de gestion et d’organisation du travail. Une démarche où la collaboration entre les différents acteurs du milieu de travail, incluant le syndicat, donc les délégués sociaux, serait essentielle au processus de retour au travail. On pourrait ainsi assister à un véritable renversement des pratiques, là où les employeurs y adhéreraient. Louise St-Arnaud parle même d’audace de la part des organisations.

Centraide
Centraide Richelieu-Yamaska est le principal partenaire de notre réseau montérégien depuis 2006. Son directeur général, Daniel Laplante, a comparé les logos de Centraide et de la FTQ : on retrouve un personnage au centre de nos préoccupations respectives. Parlant des délégués sociaux, il a mentionné : « Les gens vous approchent parce que vous êtes crédibles. Et la crédibilité ne s’achète pas, elle s’acquière avec le temps. Cela a une valeur inestimable parce que vous êtes sur le terrain, avec votre expérience du milieu de travail. »

Merci aux partenaires
Merci à nos partenaires qui ont contribué au succès de la journée : Centraide Richelieu-Yamaska, Centraide Sud-Ouest, la FTQ, le Fonds de solidarité FTQ, les membres du Comité d’entraide FTQ de la Montérégie et nos bénévoles à l’accueil. Merci aussi à Johanne Deschamps, conseillère politique à la FTQ, de nous avoir accompagnés pendant cette journée.