La Commission d’examen sur l’assurance-emploi dans la région

Source : Marie- Ève Rochefort, infosuroit.com, le 27 septembre 2013

Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi était de passage dans les locaux de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent hier (26 septembre) dans le but d’entendre les témoignages et les mémoires de la population face à la réforme de l’assurance-emploi implantée par le gouvernement de Stephen Harper en 2012. L’abolition des Conseils arbitraux, la perte des spécialisations, ainsi que les impacts sur le milieu communautaire sont des sujets qui ont été soulevés à quelques reprises par les participants.

Comme on peut le voir sur la photo, la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi est formée du commissaire expert Michel Bédard, ainsi que des coprésidents Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe. Yvon Boudreau, qui était absent hier, est aussi commissaire expert au sein de la Commission. Son but est d’entendre tous ceux qui subissent les impacts de cette réforme à travers le Québec. Pour se faire, 19 consultations publiques sont prévues sur l’ensemble du territoire québécois du 26 août au 10 octobre prochain. Une fois cette étape terminée, les membres de la Commission rédigeront une liste de recommandations qui sera ensuite remise au Gouvernement conservateur.

Un lot d’impacts dans la région

La Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi prévoit recueillir quelque 200 mémoires à la fin du processus. Après cette 14e consultation publique à Salaberry-de-Valleyfield, on peut estimer que plus de 60 % de cet objectif est atteint. L’audience publique d’hier a rassemblé des gens de plusieurs milieux. Isabelle Corbeil et Chantal Geneau, respectivement des Corporations de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-Laurent et de Beauharnois-Salaberry, Denis Dumouchel du conseil régional de la FTQ du Suroît, ainsi que Thérèse Fortier, du Comité Chômage du Haut-Richelieu et du Suroît étaient quelques-unes des personnes venues témoigner.

Certains ont offert aux membres de la Commission des statistiques accablantes alors que d’autres y sont allés avec des exemples concrets.

« Les gens appliquent partout. On perd beaucoup de temps à éplucher un lot de CV qui proviennent de gens qui ne sont pas nécessairement intéressés par le poste proposé, mais qui postulent parce que le bureau de l’assurance-emploi demande de faire des entrevues d’embauche. Ça en dit gros sur les impacts », a commenté madame Corbeil.

« La mise à pied et le roulement de personnel qualifié coûtent cher en argent et en expertise. On perd aussi la confiance qui finit par être établie. Les bénéficiaires vont être moins bien servies et ça va créer un engorgement dans le réseau de la santé. Depuis deux ans, on note une augmentation au niveau de la santé mentale au centre communautaire » a renchéri madame Geneau.

De leur côté, Denis Dumouchel et Thérèse Fortier ont vivement dénoncé la disparition des Conseils arbitraux. Chacun a donné des exemples concrets face à l’utilité de ceux-ci lorsqu’ils existaient encore et ont déploré que les chômeurs manquent aujourd’hui de ressources au moment de se défendre.

« La défense juste et raisonnable n’est plus avec les changements apportés. On va même à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés! Ce n’est plus paritaire, ni impartial ou représentatif », a fait savoir monsieur Dumouchel

« En enlevant les Conseils arbitraux, on joue avec la justice naturelle. Où va-t-on aller pour défendre nos dossiers? Pourquoi ne pas créer notre propre assurance-emploi? », a poursuivi madame Fortier.

Encore temps de dénoncer

Il n’est pas trop tard pour faire entendre votre point de vue à la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi. Vous pouvez fournir votre témoignage en écrivant à l’adresse commission.nationale.ae@mess.gouv.qc.ca. Il est aussi possible de composer le 514 873-9100.