Aux prochaines élections provinciales, « Changer pour changer? »

Il y a du nouveau dans le paysage politique du Québec. Pour la première fois depuis belle lurette, un troisième parti politique compétitionne pour la marche la plus élevé du « podium électoral » Les Québécois auront « enfin » l’oppotunité choisir une « nouvelle voie » Mais, est-ce là la voie à suivre? Voilà la question qu’il faut se poser.

Pour un choix éclairé
Avec l’ADQ, est-ce que ça va être « le début d’un temps nouveau »? À la FTQ, nous croyons que non. En fait, nous croyons qu’il y a un véritable danger de revenir plus de 40 ans en arrière avec l’ADQ, un retour vers le temps de Duplessis. Les gens veulent du changement et c’est tout à fait légitime. L’ADQ tente par tous les moyens de capitaliser sur ce sentiment. Selon M. Henri Massé, président de la FTQ, l’ADQ se transforme en caméléon et adapte son langage et ses promesses au goût du jour afin de gagner des votes. À la FTQ, nous croyons aussi que ça prend du changement. À preuve, nos luttes de tous les jours pour faire avancer les causes et les revendications des travailleurs et travailleuses et celles de l’ensemble de la population. Dans ce sens, oui, nous sommes un groupe de pression et nous sommes fier de l’être. Dans les prochains jours, nous ferons connaître plus en détail la « Plate-forme électorale de la FTQ » et nous demanderons aux différents partis de se prononcer sur les différents éléments de celle-ci. Consultez-la sur le site web de la FTQ : www.ftq.qc.ca

“Back to the future” avec l’ADQ

La venue de l’ADQ est une bonne chose, car avec son programe, nous serons appellé à réfléchir sur le genre de société nous voulons pour nous et nos enfants. Le seul problème, c’est qu’il ne faut pas qu’ils prennent le pouvoir. Nous vous encourageons fortement à aller au-delà des apparences pour voir et comprendre ce qu’il se cache réellement derrière la « belle gueule sympatique » de Mario Dumont. M. Henri Massé, président de la FTQ, affirmait le 9 mars 2003, que ce qui caractérisait l’ADQ, c’était « Une trame de fond antisyndicale et antitravailleurs qui menace la paix sociale au Québec » Et nous pourrions rajouter que l’ADQ veut mettre la hache dans les acquis sociaux et syndicaux des 50 dernières années. Qui dans les faits veut nous ramener au temps de Duplessis, sinon l’ADQ? Voyons ça d’un peu plus près.

L’ADQ propose, entre autres, de:

  • Favoriser la privatisation des services de santé et introduire un véritable systême « à deux vitesses », un pour ceux qui ont de l’argent et un autre pour ceux qui en ont peu ou pas…
  • Abolir la sécurité d’emploi dans la fonction publique et y couper des milliers d’emplois ( en majorité des femmes)
  • Démolir le systême public d’éducation par l’introduction des bons d’études
  • Abolir l’article 45 du Code du travail qui nous protège contre la sous-traitance
  • Démanteler le régime syndical dans la construction
  • Abolir la formule Rand
  • Remettre en question les nouvelles règles qui permettent d’accélérer la syndicalisation
  • Affaiblir le principe de l’ancienneté
  • Abolir la représentation des travailleurs sur les conseils d’administration des établissements et organismes publics
  • Abaisser les taux d’imposition des mieux nantis
  • ETC

  • Un chausson avec ça ?

    Nous croyons qu’il y a là de quoi réfléchir. Bien sure qu’il y a beaucoup de choses à améliorer. Nos luttes ne s’arrêteront pas au lendemain des élections. À preuve, les batailles contre les politiques du gouvernement péquiste dans la santé et l’éducation. Mais faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain? Devons nous prendre la chance de vivre une expérience aussi pénible que celle de l’Ontario sous le gouvernement Harris? Les Ontariens ont vécu le démentellement de leurs services publics, la dérèglementation inconséquente qui a provoqué des hausses du coût des loyers et de l’électricité, la réduction de la protection environnementale qui ont conduit à des morts à Walkerton, etc. Est-ce que c’est vraiment dans ce sens qu’il faut aller? À la FTQ, nous disons non et nous pensons qu’il faut bloquer par tous les moyens l’ADQ. Il n’y a pas cinquante options. Selon M. Roy, secrétaire général de la FTQ, le programme du PQ est le plus proche des positions de la FTQ, alors que celui de l’ADQ est le plus dangereux.

    Daniel Mallette, président